jeudi 7 février 2008

La Slovaquie

L’agriculture slovaque ; héritage d’un collectivisme très poussé.

Contrairement à la Pologne, en Tchécoslovaquie ( à l’époque) la collectivisation a été très poussé. A la veille de la révolution de Velours en novembre 1989, l’agriculture tchécoslovaque était socialisée à 96%. On retrouvait deux types de structures, les coopératives agricoles d’une part, et les fermes d’état de l’autre. Les exploitations privées étaient très minoritaires et correspondaient principalement aux lopins de terres attribués aux salariés des fermes d’états et à quelques ouvriers. Les coopératives agricoles, au nombre de 1658 en 1989 ( source élargissement de l’Europe à l’Est ; Danger ou chance pour les agriculteurs, éditions France Agricole) s’organisaient le plus souvent à l’échelle d’un village, ou d’un groupement de village. Ces coopératives sont alors bien différentes du modèle d’exploitation familiale tel qu’il est connu en Europe de l’ouest, en effet, ces coopératives d’une taille moyenne de 2600ha en 1990 ont un mode de fonctionnement plus proche de l’industrie. La main d’œuvre y est nombreuse et souvent mono-tâche. Les fermes d’état, au nombre de 257 en 1990 avaient une taille moyenne de 8600ha et pouvaient employer plusieurs centaines d’employés. Les fermes d’états représentaient environ 30% de la SAU tchécoslovaque. En Tchécoslovaquie, après 40 ans de politiques collectivistes, la tradition de l’agriculture familiale est en 1989 très peu présente.

La transition vers une nouvelle économie en Tchécoslovaquie puis les modèles nationaux en Slovaquie et République Tchèque.

Lors de la période de transition, deux questions majeures se sont posées. Tout d’abord, quelle forme prendra le dédommagement des anciens propriétaires fonciers ; la restitution ou l’indemnisation ? Enfin, quel systèmes agricoles devront subsister à l’avenir ? Une certaine collectivisation subsistera t-elle ?
Jusqu’au 1er janvier 1993, date de partition de la Tchécoslovaquie, le gouvernement en place est plutôt favorable à la mise en place d’une agriculture privée de type familiale. La loi du 21 mai 1991 stipule que toute terre inférieure à 150 ha de SAU et tout capital d’exploitation doivent être restitués à leurs propriétaires si ceux si en font la demande avant fin 1992 et à la conditions que ceux ci exploitent la terre. D’autres lois ont été mises en place afin de permettre la privatisation des coopératives. Par exemple, la possibilité était donné aux coopérateurs de quitter la coopérative et de reprendre leurs terres. Mais, peu de personnes ont saisie cette occasion. En effet, la majorité des personnes n’étaient pas suffisamment formées pour gérer une exploitation individuelle et les capitaux étaient aussi souvent insuffisant. De plus, la majorité des coopérateurs étaient attachés à leur coopérative.

Le 1er janvier 1993, la Tchécoslovaquie est divisée en république Tchèque et en Slovaquie, dès lors, les des deux pays vont peu à peu évoluer différemment. La privatisation en république tchèque a été semble il beaucoup plus rapide et beaucoup plus importante qu’en Slovaquie.


Héritage et période de transition ; vers un modèle slovaque de l’Agriculture?

Depuis 1989 la restructuration a eu pour conséquence la diminution du nombre d’entreprises agricoles et la diminution de leurs taille. Le secteur laitier a été très touché, en 1989, la production atteignait 2085 millions de kg, En 4 ans la production de lait a presque été divisé par 2. Depuis 1995, la production décroît légèrement et est actuellement de 1100 millions de kg. (D’après le SZPM Syndicat slovaque de production laitière)
Grâce à madame STEFANIKOVA, directrice du SZPM, nous avons pu visiter 4 fermes produisant du lait. Ces exploitations, sont semble-t-il, représentatives du secteur agricole en Slovaquie. Vu comme ça, c’est un peu catalogue, désolé.

AGROPARTENER : ancienne ferme d’état privatisé en 1996

Surface : 9600ha dans la plaine, terre de qualité moyenne à mauvaise
1500ha en biologique
97 km entre les points les plus éloignés
27ha possession de l’entreprise, le reste en location
Personnels : 260 salariés
Plusieurs sites de productions sur différents villages.
1500 vaches laitières sur 3 unités de production, quota de 10 millions de litres de lait.
Production végétale, blé, orge, colza, soja, herbe, mais pommes de terres
Autoconsommation et transformation des céréales pour l’alimentation animale
2 parcs de matériel
Activité non agricoles : - Unité d’entretient et de réparation du matériel agricole
- Unité de travail dans le bâtiment
- Menuiserie
- Pension touristique
- Concessionnaire de tracteurs ZETOR …
Un bon vieux zétor, comme on dit chez moi : "Plus ça tire plus ça tord"

AGROCOOP : ancienne coopérative, spécialisation dans la production laitière et porcine et activités de diversifications

Surface : 2084ha dans la plaine, terres de moyenne qualité
300 ha possession de l’entreprise, 1784 en location
1 site de production animal : 4200 porcs, 350 truies
1100 vaches laitières
Cultures : 100 ha de prairies permanentes
700 ha de mais ensilage
250 ha de pommes de terres
300 ha de blé
200 ha de d’orge
200 ha de luzerne
Activité de services : ensilages, séchage de céréales
Activité de transport : Transport à l’international
Cantine : pour les salariés et prestation de services pour les entreprises présentent autour

PDP Vel’ke Uherce : coopérative crée en 1975 à la suite du regroupement de coopératives des villages voisins

Surface : 2820ha dans la plaine terre de moyenne qualité
300 ha possession de l’entreprise, 1784 en location
Personnels 160 employés
Production animal : 2800 porcs,
750 vaches laitières Quotas : 5,91Millions
Cultures : 200 ha de prairies permanentes
450 ha de mais ensilage
205 ha de tournesol
733 ha de blé
168 ha de colza
598 ha d’orge
316 ha d’alpha alpha ( fourrage pour les vaches)
Production de fruit : Pommes, abricots, prunes, cerise, framboises majoritairement utilisé dans la boulangerie
Activité non agricoles : - Unité d’entretient et de réparation du matériel agricole
- Boulangerie
- Cantine
- Activité de métallurgie, assemblage…barrières…
Plan pour le futur, Biogaz ?

PD Novot’ Agropension : Ancienne ferme d’état privatisée en 1996.

Surface : 1400 ha de prairie en montagne 800 à 1000m
Production animale : 160 vaches laitières pinzgau quotas 800 000 litres
500 brebis laitières
80 bovins viande
Transformation de 6000 litres de lait en fromage (exclusivement fromage de brebis)
Une pension pour écoles, groupes, colonies…
Une piste de ski
Personnels : 55 employés dont 17 pour l’agro-pension



Nous avons pu goûter aux joies du ski.

Les exploitations agricoles slovaque comme pôle de développement rural ?

Ces exploitations, ont pour la plupart gardé la même structure qu’en 1989. La main d’œuvre reste importante et est souvent très spécialisée, on y retrouve encore des activités hérités, cantines collectives, unités spécialisés dans la réparation et l’entretient du matériel, menuiserie, unité de travail métallurgique… Cependant, grâce à l’U.E et au programme SAPARD notamment, ces structures se sont modernisées et on rattrapées les standards de productions européens.

Ces exploitations ont une influence considérable sur le développement des zones rurales slovaques. En effet, pour beaucoup de petits villages, les coopératives étaient et sont toujours (sous leurs nouvelles formes juridiques) la seule activité de production présente sur le territoire. De plus, elles participent à la création d’emplois notamment grâce au filières courtes, boulangerie par exemple et peuvent participer au dynamisme du territoire en favorisant l’agrotourisme….
Enfin, dans un contexte ou le chômage est important, ces entreprises ont un rôle sociale évident qu’il convient de prendre en compte. Il est difficile pour nous de l’appréhender dans toute sa complexité.

jeudi 24 janvier 2008

Retour sur une triste journee a Auschwitz.

Nous sommes alles jeudi dernier, « visiter » les camps de la Mort « Auschwitz I » et « Auschwitz II – Birkenau ». Inutile de vous dire que la visite de ce lieu nous a bouleversé. On pourrait croire que c’est devenu une attraction touristique comme une autre dans cette région, mais non. L’atmosphère est bien trop lourde et dire que la mort plane partout n’est pas exagéré.

Nous sommes arrivés à Oswiecim vers 10h30 le jeudi matin, dès la sortie de l’autouroute les grands panneaux Museum Auschwitz indique le chemin des vestiges des pires abominations humaines.
La visite guidée commence à 11h30, il s’agit d’abord de la première partie du camp : AUSCHWITZ I, les nazis y avaient « réaménagé » une ancienne base militaire polonaise. Nous passons le portail d’entrée avec la phrase tristement célèbre « Arbeit Macht Frei » (le travail rend libre ». Nous suivons notre guide, d’abord sans vraiment se rendre compte, sans vraiment mesurer le poids d’un tel lieu. Il nous invite à rentrer dans un premier bâtiment, où plusieurs salles d’exposition se succèdent, auparavant, des salles où les détenus essayaient de dormir, des pièces grandes comme des salles d’études où s’entassaient plus de 200 prisonniers à même le sol. Aujourd’hui des photos jonchent les murs avec des explications pour « expliquer » l’inexplicable, pour rendre compte de l’horreur absolue, pour se souvenir. Le guide débite son exposé, imperturbable sous les yeux de plus en plus humide des visiteurs qui l’écoutent. Les salles défilent, les photos, les « maquettes » explicatives de la solution finale, les documents d’identité des prisonniers, les photos d’identités des prisonniers arborant quelquefois un sourire ou une expression de doute ou de peur ou de méfiance. En bas de la photo, leur date d’arrivée au camp, et leur date de décès séparées souvent de quelques mois. Arrivent alors des salles où retenir une larme devient difficile : des dizaines de m3 de cheveux, des dizaines de milliers de chaussures, des centaines de valises, des milliers d’ustensiles de cuisines, des paires de lunettes et toujours ces photos, ces visages... Dehors il fait gris, il est d’ailleurs difficile de s’imaginer qu’il ait un jour pu faire beau dans un tel endroit. Les blocs se succèdent, les uns après les autres, témoins muets des plus terribles atrocités. Il n’y a pas de mots. Nous arrivons au bloc 11, le bloc de la compagnie disciplinaire . Nous nous recueillons devant le mur des exécutions jonché de fleurs. Personnes ne dit rien. Nous pénétrons dans le bloc 11 où avaient lieu les sanctions, les tortures et les proclamations de condamnation à mort. Dans les sous sols, des petites cellules de 3/4 m², plus loin au fond du couloir à droite, des cellules minuscules de 1 m² où 4 prisonniers étaient maintenues debout après plus de 16h de travail. Jusqu’à la mort. Notre marche funèbre continue le long des barbelés sinistres, nous rejoignons le bâtiment qui a servie en premier de chambre à gaz et de crématoire. Nous entrons. Nous sortons. Où sommes nous ?
Un bus nous attend pour nous mener à Birkenau, à 3 km. Il nous dépose devant la principale tour de surveillance. C’est grand, c’est trop grand. La vue d’une telle chose la rend encore plus irréelle. Nous entrons dans les blocs en bois de la zone de quarantaine qui pouvaient contenir 52 chevaux et où s’entassaient de 1942 à 1945 jusqu’à 700 humains. 700 humains. En tout 1 500 000 humains, en majorité des juifs, ont été tué par des humains dans ce camp de concentration. 1 500 000. Un million cinq cent mille. Nous longeons ensuite ces rails sans fin, qui conduisent pourtant là bas. Au fond du camp. Où deux chambres à gaz aujourd’hui en ruine s’élevaient solidement, sûrement et semblaient dire: Ici c’est l’humanité. Voilà. Et on s’en va. En regardant une dernière fois ce désert de tristesse, en longeant ces rails. Ces maudits rails.
Alors nous avons vu Auschwitz. Et il faut aller voir Auschwitz. Pour eux. Et pour voir l’Humanité. Et avoir un peu mal. Un peu.

Agriculture en Petite Pologne

Nous avons quitté la Pologne mardi matin. Nous avons traversé les Carpates avant d'arriver en Slovaquie. La région de la Petite Pologne (Sud de la Pologne) que nous avons quittée ce matin est vraiment très jolie, c'est très vallonné et très typique. Il y a encore beaucoup de petites exploitations individuelles de quelques hectares (la taille moyenne est de 3ha) qui morcellent le paysage. C'est une région qui possède une richesse écologique importante puisque cinq parcs naturels y sont implantés.

Pendant la période communiste, la collectivisation y a été très faible, les habitants en sont d'ailleurs très fiers. Mais, l'attachement à la terre est très fort et la restructuration est très lente Il n'y a eu que très peu de remembrement et la taille des structures évolue peu. Les quelques agriculteurs qui possèdent des structures viables possèdent des structures morcelées (une parcelle peut faire quelques mètres de large). De plus, les agriculteurs sont réfractaires à toute forme coopération, et sont donc tous, plus ou moins sur-mécanisés.

Le maraîchage est très developpé, mais les conditions climatiques ne sont pas favorables, l'hiver il fait très froid, jusqu'à -15°C et les coûts de chauffage des serres sont alors très importants. De plus, les structures sont souvent petites. Au final, il y a très peu de structures viables et la majorité des agriculteurs doivent avoir un double emploi.

Depuis quelques années, la chambre d'agriculture essaye d'encourager le développement de l'agriculture biologique. Cette démarche permet d'améliorer le revenu des agriculteurs en valorisant leurs produits. Mais, le développement de l'agriculture biologique est aussi un atout supplémentaire pour cette région très typique aux fortes potentialités touristiques.
Le démarrage est prometteur et 0,5% des agriculteurs sont actuellement certifiés « biologique » en Petite Pologne. Mais ce chiffre va en augmentant et beaucoup de petites exploitations peuvent rentrer dans la démarche de certification en ne changeant que très peu leur mode de fonctionnement.
Mais le principale défi pour la chambre d'agriculture est de trouver des débouchés importants pour les produits biologiques. L'Allemagne, où la demande existe en est un. En Pologne, le potentiel semble exister dans les grandes villes du sud comme Cracovie et Katowice, mais le marché reste encore a développer.

La Petite Pologne tranche avec le nord ouest de la Pologne, où les structures sont plus importantes et où la collectivisation a parfois été plus poussé. L'agriculture familiale, « presque de subsistance » en tout cas d'auto-consommation, tranche avec les anciennes fermes d'état ou les anciennes coopératives. L'agriculture polonaise est hétérogène, mais l'héritage du passé est très fort. L'entrée dans l'UE a permis la modernisation des structures les plus importantes ( l'UE finançait jusqu'à l'année dernière 50% de l'achat de matériel...40% cette année). Mais, la transition semble plus difficile pour les petits agriculteurs et en Petite Pologne les structures ont peu évolué. .Par exemple, en élevage, il est difficile de répondre aux normes d'eco-conditionalité et de mettre sa ferme aux normes pour la gestion des effluents.
Mais, le défi est grand pour l'ensemble de l'agriculture polonaise, puisqu'il faut rattraper en dix ans les normes européennes que l'agriculture ouest européenne a mis 50 ans à mettre en place. Ceci, en sachant que l'encadrement agricole est moins bon qu'en France, il y a moins de chambres d'agriculture, moins de coopératives, pas de CUMA...


CRACOVIE








Cracovie est vraiment une très jolie ville, avec son magnifique château Wawel symbole du puissant royaume de Silésie. Il domine la ville très majestueux avec à ses pieds le Dragon de Cracovie. Nous avons pu visiter les appartements « publics » du château avec ses dorures, tableaux, tapisseries, moquettes, escaliers de marbre…etc…Assez joli.



Nous avons parcouru la ville avec ses nombreux bars qui ne donnent pas sur la rue. Seulement le logo d’une marque de bière accroché sur le mur indique qu’un bar se trouve plus loin, il faut alors s’enfoncer dans une petite ruelle qui mène au fameux sus-dit…Ce n’est pas le cas partout mais souvent…
Nous avons visité la place du marché et ses vendeurs de bijoux en ambre, ses musiciens (accordéonistes, trompettistes…), ses pigeons…Nous sommes allés à Kasiemiers, le quartier juif, rempli de magasin d’alcool (Wooodkaaaaa) et de bars sympas.
Cracovie vaut vraiment la peine. L’ambiance st assez chaleureuse, il y a plein de choses à voir et les gens sont très sympas. Ambroise s’est même fait quelque peu piégé par un groupe de polonais dans la cuisine de l’hostel où on logeait, mais nous n’en dirons pas plus…

samedi 12 janvier 2008

Arrivée en pologne

Tout d’abord, bonne et heureuse année 2008 à tous !

Après une petite pause pour les fêtes, nous voilà reparti à la découverte des campagnes européennes. Nous sommes depuis Jeudi 10 janvier en Pologne, à Biskupizce dans la région d’Opole en Silésie. Nous avons fait la rencontre de Krystina, professeur de français à la retraite, qui nous loge dans sa ferme auberge et qui en plus de nous avoir organisé des visites s’est gentiment proposée pour nous servir d’interprète. Vendredi après midi et ce matin, nous avons été accueilli chez la famille Klos ou nous avons passé de très bons moments et appris quelques rudiments de polonais.

La région où nous nous situons est une grande plaine, elle est découpée en grands champs de plusieurs dizaines d’hectares. Mais, le paysage est, par endroits, surtout marqué par les zones de friches industrielles.

La Pologne, est sortie du bloc communiste en 1990 et est entré dans l’Union Européenne en 2004.

La ferme des Klos : une transition à toute vitesse.

C’est une ferme laitière avec 70 vaches holstein, il y douze ans, en 1995, M Klos avait seulement 2 vaches. La traite est effectuée avec des « trayons » mobiles, c’est les agriculteurs qui bougent, pas les vaches. C’est un système encore présent en France ou ailleurs mais qui tend à se raréfier. Ici, ça avait l’air d’être assez « à la pointe »…
Le père de Mr Klos n’a jamais intégré de coopérative à l’époque communiste, il est toujours resté agriculteur individuel, donc sans aucune aide pour sa production.

Aujourd’hui, Mr Klos loue en plus de sa ferme dont il est propriétaire, une partie d’une ancienne ferme d’Etat. Il y a aménagé un ancien bâtiment pour porcs pour ses génisses. « A l’heure actuelle on est obligé de faire inséminer les génisses très tôt car dans deux ans, on devra avoir atteint un certain quota laitier » explique –t-il, et il ironise : « Ce que les français ont du faire après la seconde guerre mondiale jusqu’aux années 80, on nous demande en gros de le faire en 2 ans ». L’entrée dans L’UE a changé beaucoup de choses « Tout va très vite, c’est très difficile psychologiquement de faire face à tous ces changements, les exigences sont beaucoup trop importantes, c’est complètement fou, cette année on a été obligé de faire des travaux là où l’on trait les vaches : il fallait que les mur soient lisses et droits… » Nous raconte Mr Klos.







Il a acheté de beaucoup de matériel tout neuf en 2005 et 2006, plus que l’on ne peut imaginer, et s’est beaucoup endetté. Mais lorsqu’on parle de mise en commun du matériel, il répond « La période communiste est encore trop présente dans les esprits et ce n’est pas aujourd’hui que les agriculteurs polonais vont se mettre à créer des coopératives de matériels ou des choses dans ce genre… »

La ferme Klos s’étend sur 120 ha, ce qui est grand pour la région pour une ferme familiale (taille moyenne 20 ha) le quota laitier est de 330 000 litres et la production moyenne par vache est de 7000 litres/an. Les vaches ne pâturent jamais car les prairies sont trop loin et le climat ne permettrait qu’une éventuelle pâture en mai.



Dans le futur, La ferme s’agrandira sans doute, Mr Klos prévoit de louer un ancien bâtiment qui pendant la période communiste contenait 200 vaches laitières et qui par la suite a été aménagé pour des poulets. Il nous a d’ailleurs posé de nombreuses questions et nous a demandé des conseils que nous avons essayé de lui donner avec beaucoup de modestie…




Mr Klos est aussi un passionné des chiens, et ce n’est pas moins de 6 molosses (des bergers d’Asie Centrale) qui, la nuit, surveillent les bâtiments, car les anciennes fermes d’Etat ont été sujettes à bons nombre de « pillage ».





Nous avons aussi publié de nouveaux articles sur étudiant voyageur sur le danemark, berlin et l'allemagne de l'est. Il y a de jolies photos (elles sont pas toujours floues contrairement à ce que certaines personnes auraient tendance à croire.), allez y faire un tour si vous avez le temps.

De même, le site internet à été revu et les liens fonctionnent. D'içi peu, il y a aura même une section ou vous pourrez retrouver nos articles paru dans la presse...

Agriculture et idéologie communiste :

Nous allons traverser et traversons actuellement des pays marqués par l’héritage du communisme. Pour mieux comprendre les systèmes agraires présent actuellement dans ses pays, nous avons fait quelques recherches sur les politiques agricoles sous l’URSS et nous allons vous en faire part...




Modèles soviétique et les « voies nationales »

Au cours de la période communiste, les pays de l’Europe de l’est appliquèrent les grandes orientations de politique agricole qui ont prévalues en URSS.

L’agriculture, a été considéré pendant la période communiste comme n’importe quelle industrie. La collectivisation des moyens de productions en agriculture devait produire les mêmes économies d’échelle qu’en industrie. A cette époque, l’agriculture avait pour unique mission la production de nourriture.

Pendant la période communiste, 4 formes de structures des exploitations agricoles ont cohabités :


Le Sovhkhoze en Russie, ferme d’état ailleurs…

Idéologiquement, le sovkhoze ou ferme d’état constituait « la forme achevée de l’exploitation socialiste agricole ». Sur ses fermes, les terres étaient possédées et exploitées par l’état et le personnel était salarié de l’état. Les travailleurs bénéficie d’une rémunération fixe et exécutent leurs travaux en brigades. Ces fermes étaient gigantesques, parfois plus de 10 000ha et pouvait compter des centaines de salariés.

Ces exploitations dépendaient directement de l’état et devait obéir aux prescriptions du plan imposé par l’état. L’état octroyait d’énormes subventions à ces fermes pour qu’elles puissent fonctionner et investir.




Le Kolkhoze ; une coopérative hiérarchisée et centralisée

Les kolkhozes sont des coopératives de productions, chaque agriculteur est propriétaire d’une part dans la coopérative et travaille pour la coopérative. L’intégration des agriculteurs dans la coopérative peut être plus au moins poussée.

Théoriquement, le kolkhoze est administré démocratiquement par l’assemblée générale des coopérateurs, qui dispose d’une certaine liberté dans la gestion et l’affectation des bénéfices de la collectivité.

Dans l’idéologie communiste, ce type de structure est provisoire et doit être à terme amené à disparaître au profit des Sovkhozes.


L’exploitation privé de type familiale ;

Fortement présentes dans certains pays comme la Pologne (structure de 6 ha en moyenne), pourchassée en Russie pendant la période stalinienne, les exploitations privés ont eu un destin différents selon les pays.


batiment d'une ancienne coopérative utilisé à l'époque pour les cochons



Le lopin de terre individuel : seul degrés de liberté accordé aux soviétiques

Limité à 0,40ha ce lopin de terre est accordé aux familles travaillant sur les kolkhozes, sovkhoze et existe sous forme de jardin ouvrier. Sur ce lopin, il est possible de faire n’importe quelle production…( volailles, porcs, légumes, fruits, champignons…).
Une estimation réalisée en 1976 permettait de penser que sur 2% de la SAU soviétique, environ 30% de la production animale et des productions spécialisées (horticoles, légumiers, fruitiers) étaient réalisées.

Des disparités nationales ;

Les politiques agricoles dans les pays de l’URSS ont suivi le même chemin. Cependant, le degré de collectivisation n’a pas été le même dans toutes les républiques soviétiques.
La Pologne, est un cas particulier car la collectivisation a été moins poussé qu’ailleurs et une certaine agriculture familiale a toujours plus ou moins difficilement subsisté.






jeudi 20 décembre 2007


Est de l’Allemagne (ex-République Démocratique Allemande)

Après notre petit séjour suédois dans le froid de Malmö, Ystad et autres villes du sud du Pays, nous avons pris le ferry à Trelleborg en direction de Rostock en Allemagne. 5h de voyage sur la grise mer Baltique. Arrivés à Rostock, nous avons pris l’autoroute en direction de Berlin. Steffie Wille, une doctorante en agriculture nous attendait pour l’après midi dans le quartier de Lichtenberg dans l’ancien Berlin-Est. Steffie travaille également pour les European Dairy Farmers, c’est d’ailleurs grâce à ça que nous l’avons rencontré. Elle réalise toutes les analyses économiques des membres d’EDF. Et c’est elle qui a organisé toutes nos visites en Allemagne.

Nous avons logé du mercredi soir au lundi matin dans la résidence étudiante où habitait son copain. Pour loyer : une caisse de bière. Cool. La rez’ devrait prendre un peu exemple sur ce genre de résidence…Bar moderne et pratique, salle de billard, babby foot, terrasse avec barbecue, tout ça géré par les étudiants…Et les loyer sont sympathiques...Les étudiants allemands sont très très sympas…ils ont des « drinking games » assez marrants par exemple…

AgraFrisch – Entreprise agricole dans le Brandenburg www.agrafrisch.de
2150 ha – 540 vaches laitières Holstein

Le jeudi matin nous sommes allés visiter une exploitation agricole dans le Brandenburg à l’est de Berlin.
Pendant l’époque communiste, la ferme d’Etat (coopération entre de nombreux agriculteurs payés par l’Etat) s’étendait sur 6000 ha. En 1991, après la réunification des 2 Allemagnes, les agriculteurs ont eu le choix entre reprendre leurs terres où poursuivre la coopération. Certains ont vendu leurs terrains à la coopération ; d’autres les ont gardés et sont devenus agriculteurs « à leur compte », les autres gardèrent leurs « parts » dans la ferme. Aujourd’hui, 180 personnes sont impliquées dans la coopération. Ils sont « rémunérés » en fonction des profits engendrés par la coopération. A tout moment ils peuvent revendre leur part.


Nous avons rencontré le responsable des cultures et le futur manger principal : Daniel Hänsel qui nous a reçu toute la matinée jusqu’en début d’après midi.

Actuellement, l’exploitation emploie 29 personnes avec 3 managers à sa tête.
Elle s’étend sur 2150 ha :

Colza (380 ha)
Blé (315 ha)
Orge (150 ha)
Maïs fourrager (215 ha)
Maïs grain (40 ha)
Triticale (180 ha)
Ensilage seigle immature (80 ha)
Luzerne (40 ha)
Prairie permanente (50 ha)
Prairie temporaire 50% trèfle (30 ha)
Jachère (200 ha)

La plus grande parcelle s’étend sur environ 150 ha, tout le matériel agricole appartient à l’entreprise (4 tracteurs de 180 chevaux, 1 tracteur de 200 chevaux, et 2 autres avec respectivement de 240 et 300 chevaux, 2 moissoneuses batteuses, ensileuse…). Nous avons pu admirer des tracteurs d’origine Russe qui sont encore utilisés. Deux employés sont chargés de la maintenance des machines. Lors de l’ensilage,l’exploitation a des contrats avec des compagnies de transports pour transporter l’ensilage. Le champ le plus loin de l’exploitation se situe à 15 km.

540 vaches laitières sont présentes sur l’exploitation, toutes de race Prim’holstein. Le quota s’élève à 4,4 millions de litres par an. La production moyenne d’une vache est de 9000L/an (4% matière grasse, 3,6% protéines).
Dans un futur très proche, l’exploitation va faire construire une nouvelle stabulation pour accueillir 150 vaches supplémentaires.
Les vaches sont réparties en 4 groupes, chaque groupes reçoit la même ration de base (20 kg ensilage maïs, 8 kg ensilage herbe, 0,500 kg paille, 0,500 kg foin + concentré soja, colza et triticale). Les meilleurs groupes reçoivent plus de concentré.
La traite a lieu 3 fois par jour (de 6h à 11h, de 14h à 18h et de 21h à 23h) et est réalisée par 2 employés à chaque fois.

Le plus gros problème actuel de l’exploitation est l’augmentation des coûts en fertilisants, en diesel et le prix des terres.
Dans le futur, leur objectif n’est pas d’agrandir la surface de l’exploitation. Leur objectif consiste pour l’instant à garder cette surface et à pouvoir assurer du travail pour tous les employés.

Après notre « entretien » avec Daniel, nous sommes allés mangér à la cantine « communale ». Sur la route, on pouvait voir les anciennes bases militaires soviétiques, aujourd’hui en ruines. A l’époque communiste, les exploitations comme celle évoquée ci-dessus pouvaient contenir jusqu'à 2000 vaches. L’ Etat fixait des objectifs (correspondant aux besoins de la population) en début de saison, les agriculteurs recevaient alors un salaire quelques soient les résultats de l’exploitation. Si les performances de l’entreprise « dépassaient » les objectifs fixés par l’Etat, alors les agriculteurs percevaient un bonus.

D’après Steffie Wille, une des difficultés majeure des grosses entreprises agricoles actuelles a été de trouver des travailleurs agricoles pouvant s’adapter au nouveau système post-communiste où le raisonnement en terme d’efficience économique n’était pas la priorité.
Ce qui peut étonné, c’est pourquoi, les exploitations ont conservé de telles tailles, pourquoi, après le changement de régime, les agriculteurs ne sont pas tous mis à leur compte. Daniel nous a expliqué qu’après le « changement », les gens ne connaissaient pas d’autres modèles et que seuls les plus « courageux » ou plus visionnaires se sont retirés des coopérations. Le système actuel avec ses 180 « coopérants » (devenus en quelques sortes actionnaires) est un héritage direct du collectivisme. C’est une des premières exploitations où on nous a déclaré que l’un des principal objectif était le maintien dans sa forme actuel (excepté une dernière augmentation du troupeau) et le maintien de ses emplois. Aussi un héritage des anciens temps ?
Berlin…
Nous avons passé ensuite 3 jours à visiter Berlin. Ville sensationnelle, où l’Histoire est à tous les coins de rues. Alexander Platz, Fernsehe Tur, la porte de Bradenburg, la Potzdamer Platz, Checkpoint Charlie, le musée du Mur, la East Side Gallery, le musée de la RDA, le dôme, le Zoo, l’église du souvenir, les cubes hommage à l’holocauste…et ce mur, cette ligne aujourd’hui imaginaire et indescriptible, qui séparait les deux mondes, l’un des deux étant devenu un musée… Nous avons retraversé la ville en voiture ce matin (lundi), de l’Est à l’Ouest…et la différence d’architecture est bien présente, de la Frankfurte Allee (la Joseph Staline Allee pendant la période communiste), jusqu’à l’Ouest en passant par la porte de Brandenburg et la Ziege Sole…il faut voir ça.

Nous avons aussi profités des quartiers étudiants/alternatifs de l’ancien Berlin-Est, dégusté quelques bières dans quelques clubs…Une ville vraiment très animée, très émouvante, où il faut se rendre absolument pour comprendre beaucoup de choses.

Wir sind zwei Berliner.


Tchüss !